Bleu comme… l’instant présent

Bleu comme… l’instant présent

Où finit le lac?

Où commencent les montagnes?

Le ciel est-il au-dessus, intouchable… ou partout, en vrai et en reflet?

Les deux cygnes volent-ils dans l’eau, nagent-ils dans l’espace?

Faire silence. Lâcher prise de tout questionnement.

S’émerveiller devant une telle palette de bleus.

Se sentir partie vivante de ce mélange d’air et d’eau, de neige et de brume.

Déborder de gratitude pour cette vision limpide.

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Le printemps, par tous les temps

Le printemps, par tous les temps

Son petit nom, c’est “anémone sylvie”… elle éclot aux premiers jours du printemps. Espérée, attendue. Ephémère.

Avant même qu’un peu de vert nous sorte de la grisaille, elle est l’une des premières au rendez-vous pour nous signifier que les beaux jours arrivent.

Une promenade en sous-bois, en bord de rivière, quelques jours plus tôt: sous les tapis de feuilles mortes pas encore transformées en humus, on ne devine rien, à peine quelques pousses en apparence fragiles. Mais encore un peu de soleil, de pluie aussi pour la désaltérer… et l’éclosion est spectaculaire. Elle ravit les yeux et le coeur, comme à chaque mois de mars.

Mademoiselle Anémone s’est multipliée à l’infini, offrant sous les pieds des tapis d’étoiles blanches serties de vert. Elle partage l’espace avec les corydales, des blanches, des mauves, innombrables, qui fleurissent en milliers de grappes légères, presque diaphanes à contre-jour.

Difficile d’imaginer plus jolie moquette.

A chaque printemps, l’enchantement est total, et de courte durée. Une invitation de la nature à vivre l’instant présent. Alors, quand l’apogée de la floraison coïncide avec une météo froide et tempétueuse, ça fait comme un pincement au coeur. Faudra-t-il attendre un printemps plus tard pour en profiter?

Mais non… l’instant présent, c’est aussi saisir l’éclaircie qui trouve sa place entre deux nuages d’un noir d’encre. C’est oser sortir quand la pluie menace. Se faire rincer au point d’être prêt à faire demi-tour sur le chemin. Continuer tout de même, pour recevoir en cadeau quelques rayons de soleil juste là où la rivière l’Hermance fait un premier coude, puis un deuxième avec, sur sa rive gauche, des tapis touffus, un copieux mélange d’anémones sylvie et de corydales.

Dans la tradition bouddhiste, on dit que le “royaume”, “la terre pure” nous sont disponibles à tout instant.

Que souvent, c’est nous qui ne sommes pas là…

Quelques images valent mieux que mille mots, pour prolonger l’instant, témoigner que le printemps est bien là sous un ciel chahuté. Les bourgeons sont en pleine croissance, laissant échapper leurs premières feuilles. Des boutons minuscules cachent encore leurs merveilles.

Nous aussi, soyons là.

 

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L’heure d’hiver… dans la lumière

L’heure d’hiver… dans la lumière

Toute la douceur de l’automne dans une nature enflammée de couleurs. Et le soleil qui avait rendez-vous avec la lune en ce dimanche d’entrée dans l’heure d’hiver. Une rencontre du moins au fond du coeur, juste là où les beaux jours laissent comme une petite griffure nommée nostalgie.

Alors que le soleil s’évanouissait derrière la crête du Jura, emportant avec lui ce reflet sur l’eau, déjà la lune bientôt pleine s’élevait au-dessus des Voirons dans un décor de vignes dorées mangées par la pénombre.

Accueillir l’heure d’hiver… dans la lumière. Le message de l’astre du jour et de l’astre de la nuit se passant fidèlement le relais a fait écho, tout naturellement, à la lecture de l’instant, bercée par le clapotis des vagues contre la jetée. Sur la page encore éclairée d’un dernier rayon de soleil, je venais de lire ceci, sous la plume de Marianne Williamson:

” Poursuivez la lumière, et l’obscurité disparaîtra.
On obtient dans la vie ce sur quoi on se concentre. Se concentrer sur les ténèbres
nous mène, en tant qu’individus et en tant que société,
plus loin dans les ténèbres.
Se concentrer sur la lumière nous mène à la lumière. ”

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Naviguer par tous les temps

Naviguer par tous les temps

Le matin précédent, ils envahissaient la Rade de Genève.  Quelque 500 voiliers en quête de grand large, version eau douce.

Le Bol d’Or, une institution  lémanique, la plus fameuse régate lacustre au monde.

Parmi les inscrits, des amoureux de la voile voguant pour le fun.

Devant, premiers partis, premiers arrivés, les plus illustres des marins aux commandes de catamarans volants.

Restés à quai, sur les deux rives du Léman, des rêveurs admirant le spectacle et naviguant dans leur imaginaire.

Un jour et une nuit plus tard, à l’heure du petit déjeuner dominical,
c’est une vision enchanteresse pour qui n’a pas embarqué sinon en rêve.

Par grappes ou par chapelets, disséminés sur l’eau ou croisant leurs sillages, des centaines de ballons colorés glissent sur le lac.

Spi en avant, les voiliers sur le chemin du retour naviguent en couleur plutôt qu’en blanc.

Hissant pour attraper les vents ces drôles de voiles donnant l’impression qu’ils pourraient s’envoler.

Image paisible, du moins vu de la rive.

La pluie, les gros grains sur le lac, la nuit… ils naviguaient dans l’obscurité et l’orage alors que nous dormions en sécurité.

A l’arrivée, les formules 1 des eaux les avaient largement devancés, arrivées le soir-même, alors que la nuit enveloppait la rade.

Ici-même où se déroule ce matin cette apaisante guirlande de couleurs, les catamarans géants étaient apparus,voile gris sombre, luttant pour la victoire après avoir affronté une colère céleste monumentale.

Tableau en noir et blanc samedi soir, aquarelle colorée dimanche matin…

Et un enseignement précieux de Maître Léman: la vie, c’est naviguer par tous les temps… et rêver en couleurs.

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Estampe lémanique d’un matin de mai

Estampe lémanique d’un matin de mai

Estampe lémanique d’un matin de mai

Cela commence comme une sensation étrange, inhabituelle sous nos latitudes.

En ce matin de mai, il y a la douceur particulière de l’air. Un air saturé d’humidité.

Et même un brouillard qui s’accroche aux arbres.

Sur la rive d’en face, le paysage familier s’est évanoui, laissant se dessiner une estampe orientale changeante, mouvante.

Ton sur ton.

Les bancs de brume s’étalent de la surface du lac jusque dans l’infini du ciel. Plus de Jura, plus d’horizon.

Les limites et les distances semblent abolies.

Par instant, quelques cimes d’arbres, une bande de terre réapparaissent entre les vagues cotonneuses. Puis disparaissent.

Ces visions insolites, presque oniriques, ont conduit jusqu’à l’embarcadère quelques amoureux du Léman.

Tous conquis par ce lac vivant, qui en toutes saisons offre des atmosphères inédites.

Et un regard neuf, comme lavé par ces brumes de mai.

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Quand le livre tient Salon… invitation à la méditation

Quand le livre tient Salon…
invitation à la méditation

Dans la foule des visiteurs, le plus simple des hôtes. Sans doute le plus connu aussi. Le sourire exprime la chaleur du coeur pour nous faire voir le monde en couleurs.

Le plus humble des hôtes. Sans doute le plus paisible à l’intérieur. Matthieu Ricard a promené sa sérénité d’un espace de rencontre à un plateau de télévision, activement présent, parce que lorsqu’on le demande, il descend de son ermitage.

Pourtant, on le croit volontiers, c’est bien chez lui qu’il avait le plus à coeur de se trouver, parmi des centaines de moines bouddhistes se démenant pour soulager les blessures d’un peuple mis à terre, si fragile face aux éléments naturels, mais immense dans sa dignité.

Chez lui, c’est au Népal, qu’il a quitté juste avant l’épouvantable séisme. Et qu’il avait hâte de retrouver. Il n’en a pas moins pris le temps de partager avec nous quelques instants de sagesse, comme pour nous aider à retrouver le chemin du bon sens. Généreux de son temps, conciliant, patient au milieu de l’agitation.

Dans cette bruyante “foire” qu’est le Salon du Livre de Genève, où l’on ne s’entend plus parler, distrait par tant de stimuli que c’est à en perdre la faculté de seulement parcourir une quatrième de couverture, Matthieu Ricard a parlé de l’homme bon, d’un monde meilleur, de notre élan naturel vers l’altruisme et la compassion. Un plaidoyer qui sonne juste, qui sonne vrai de la part d’un homme et d’un moine bouddhiste pour qui il ne s’agit pas là de concepts, mais d’une réalité quotidienne.

Il n’est pas venu pour faire la promotion de quoi que ce soit d’autre que la générosité des uns envers les autres. Ses livres, il en parle seulement quand on lui pose des questions. Par politesse, il répond… et il convient de savoir q’un livre vendu, c’est quelques sous pour son association Karuna-Shechen.

Par l’altruisme qui nous est naturel, par la méditation à pratiquer en toute simplicité, Matthieu Ricard nous transmet un message essentiel: il est possible de développer la paix avec soi-même, de se mettre en paix avec le monde.

La valeur du silence

En quittant le Salon du Livre, les mains vides et le coeur rempli d’un beau message d’espoir, je me suis prise à rêver. M’est revenu le souvenir de ces moments de grâce, lors de retraites méditatives accueillant des centaines de personnes, où un simple son de cloche établit un merveilleux silence, une communion muette d’une intensité à vous faire monter les larmes.

Si pour sa trentième édition, l’an prochain, le Salon du Livre de Genève ose tenter cela, alors j’y retournerai. Au vu de l’affluence des visiteurs sur la «Place du Moi» – où se bousculait tout ce que l’édition produit en matière de développement personnel – et lors des interventions de Matthieu Ricard, c’est peut-être cela que bien des amoureux des livres recherchaient en ce lieu: un espace où le calme, le silence, la lecture et la méditation trouveraient leur place légitime.

Sur une bibliothèque, à la maison, m’attendait L’art de la Méditation, de Matthieu Ricard. Et le silence, si nécessaire pour que les mots trouvent le chemin du coeur.

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