Tout un mois avec soi

Jour 10 – étape 10

De l’enfermement à la libération

Lorsque nous évoquions hier ce qui, dans nos vies, peut nous amener à nous résigner, pensant que nous n’avons plus de prise sur quoi que ce soit, nous pouvions déjà ressentir l’état de résignation comme une forme de prison, tant psychologique qu’émotionnelle.

Parfois, l’impossibilité d’en sortir que nous ressentons semble si réelle que l’on n’essaie plus. Nous avons vu que seul notre libre arbitre peut nous aider à dépasser ce sentiment d’impuissance, d’injustice et nous amener à considérer qu’un choix reste possible, malgré tout.

Aujourd’hui, approfondissons un peu ensemble ce processus de remise en mouvement, de changement de perspective, à travers ces deux notions:

Enfermement
Libération

L’enfermement, nous pouvons le ressentir à divers niveaux: physiquement, mentalement, émotionnellement ou encore relationnellement.

Lorsque nous sommes enfermé physiquement trop longtemps dans un lieu, nous ressentons l’inconfort dans notre corps: chaleur, confinement, promiscuité, manque d’oxygène, difficulté à nous mouvoir, sensation d’oppression, voire d’étouffement.

 

Enfermés dans notre mental

D’autres formes d’enfermement sont, en revanche, plus difficiles à détecter. Ainsi, nous n’avons souvent pas conscience que nous nous sommes enfermé à double tour dans notre mental. Les barreaux de notre prison sont nos habitudes, nos idées toute faites, nos jugements – dirigés tant contre nous que contre les autres – notre rigidité psychique.

Nous ne sommes pas seuls responsables de cette situation de confinement. Notre éducation, notre culture, la génération à laquelle nous appartenons, notre contexte familial, notre histoire de vie contribuent à nous conditionner et à nous enfermer.

Au plan comportemental, vous avez sans doute entendu et finalement admis comme un état naturel que vous êtes, par exemple: timide, colérique, paresseux, peu persévérant, toujours en retard, pas fiable… toutes ces étiquettes que l’on vous a collées souvent dès votre enfance et que vous avez acceptées comme des vérités.

Puis la vie s’est chargée de vous soumettre à diverses épreuves douloureuses et vous vous êtes enfermé dans des réactions émotionnelles qui ne soulagent pas. Au niveau relationnel, des rencontres pas toujours belles vont ont abîmé, vous ont fait douter de vous, et vous répétez malgré vous les mêmes schémas.

 

Comment s’évader de notre prison

L’enfermement physique, nous pouvons dans la plupart des cas y remédier en quittant un lieu, en ouvrant une fenêtre, en faisant circuler un air frais. Aussitôt, nous nous sentons mieux.

En revanche, ce qui confine notre mental, nos émotions, nos comportements, nos relations semble souvent nous échapper. Et même lorsque nous commençons à identifier ce qui limite notre façon de penser, sclérose nos attitudes et nous serre le coeur, nous voyons mal comment y échapper.

C’est que nous n’avons pas encore trouvé l’issue, la ou les portes de sortie. Et lorsque nous les aurons trouvées, il nous faudra encore découvrir comment on les ouvre, après nous être débarrassé de ce qui les obstrue.

 

La libération viendra de soi-même

Ce processus de libération exige de nous de la persévérance, des capacités d’introspection et de remise en question. La bonne nouvelle? C’est une chose possible, à tout âge de la vie. Il n’est jamais trop tard..

Notre enfermement est le résultat de multiples causes, circonstances, influences extérieures. Les barreaux derrière lesquels nous végétons se sont resserrés à mesure que nous nous sommes appropriés ce qui nous était souvent imposé.

Il est temps de faire de la place, de libérer l’espace, de rejeter ce qui ne vous appartient pas, ce en quoi vous ne vous reconnaissez plus. La porte se trouve juste là, derrière tout ça.

Pour vous aider à identifier ce qui vous enferme et comment vous libérer,  je vous propose trois étapes: un arrêt sur image, une citation inspirante, une action pour ancrer la réflexion.

 

Je regarde

Le long d’une petite route en campagne genevoise, ce portail m’interpelle à chaque passage. Apparemment, pas de maison luxueuse à protéger du côté interdit.

Les piliers de béton ne sont plus très droits, et la grille elle-même est un peu de guingois. Retenant ses deux pans, le cadenas bloquant la chaîne semble ne jamais s’ouvrir. Pas de clé dans la serrure.

Que cherchons-nous à protéger lorsque nous restons enfermé derrière un portail hérissé de pointes dissuasives? Voulons-nous empêcher ce qui nous est inconnu, étranger, de pénétrer? N’est-ce pas plutôt nous-même que nous empêchons de sortir?

En regardant bien, je constate que la nature reprend ses droits. De part et d’autre du portail, la clôture est plutôt perméable et chancelante, bousculée par les grands arbres majestueux.

Il y a des ouvertures pour… s’évader. Et retrouver sa vraie nature.

 

J’écoute, je lis

Les livres du psychosociologue Jacques Salomé nous aident à nous écouter, à oser être nous-même, à nous affranchir.

Ecoutons-le:

«La porte du changement ne peut s’ouvrir que de l’intérieur.
Chacun en détient la clé.
»

Cette citation évoque une petite histoire que vous avez sans doute entendue sous différentes formes. Il y est question d’une personne – vous, moi – qui se plaint d’être enfermée. Même en tirant, en poussant sur la porte, rien ne bouge. Voilà l’enfermé(e) prêt(e) à se résigner.

Mais une petite voix lui murmure: «Oui la porte est fermée, mais de l’intérieur. Il n’y a que toi qui puisses pousser le loquet ou tourner la clé pour te libérer.»

«Retrouver la clé», c’est oser la pensée, la décision, le geste qui nous rendra libre.

J’entre en action

Pour aujourd’hui, expérimentons une pratique de pleine conscience intégrée à nos activités quotidiennes.

De manière à éprouver physiquement la sensation d’enfermement puis de libération, je vous invite, au moins une fois dans votre journée, à ouvrir une porte, ou une fenêtre, en faisant de votre mieux pour être totalement présent(e) à cet instant où vous passerez du dedans au dehors.

Faites un arrêt là où vous êtes. Observez comment vous respirez – avec aisance, avec calme, lentement, ou au contraire de manière superficielle, rapide –  ressentez la température de l’air, le souffle de l’air sur votre visage, vos mains…

Puis ouvrez la porte, ou la fenêtre, en étant pleinement conscient(e) de votre geste, de tout changement de votre respiration, de la perception de l’air autour de vous, de la température.

Sentez l’espace, plus vaste autour de vous… et peut-être en vous.

 

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