Tout un mois avec soi

Jour 2

De la pesanteur à la légèreté

«Tout un mois avec soi» souhaite vous encourager à prendre votre temps pour réaliser cet inventaire au quotidien dont nous parlions hier lors de la première étape de ce cheminement.

Ainsi, les mots-clé d’aujourd’hui continuent d’explorer la même thématique. Hier, nous évoquions l’encombrement, puis l’allègement, ces deux mouvements opposés qui nous conduisent à remplir nos vies jusqu’à la suffocation, pour finalement prendre, non sans peine, des mesures pour regagner un peu d’espace dans tous les domaines.

Pour ce deuxième jour, nous allons cette fois nous arrêter sur ce que nous ressentons lorsque nous sommes encombrés, puis lorsque nous nous sommes allégés. Puis nous tenterons d’identifier ce qui, en ce moment, pèse le plus lourd pour chacune et chacun de nous.

Partons ensemble explorer ces deux ressentis:

Pesanteur
Légèreté

La pesanteur, nous pouvons la ressentir dans notre corps: une fatigue inexpliquée et persistante, la tête lourde, la nuque douloureuse, le dos raide, la respiration courte, une  impression d’avoir sous nos pieds comme des semelles de plomb entravant notre progression.

 

Ce qui pèse le plus lourd

En prenant le temps d’explorer où et comment se manifeste cette pesanteur dans notre corps, nous commençons par reconnaître cet état. Nous allons peut-être aussi réaliser que nous nous sentons particulièrement alourdi  lorsque nous pensons à quelque chose ou quelqu’un en particulier.

Il est probable aussi que nous nous sentions plus ou moins accablé en fonction du lieu où nous nous trouvons, mais encore du moment de la journée, ou de la semaine.

Par exemple, lorsque vous revenez chez vous après une journée de travail ou des activités hors de la maison, comment vous sentez-vous? Si ce retour dans votre lieu de vie vous fait ressentir un malaise à l’idée même d’en franchir le seuil, vous tenez là un premier indice pour vous aider à rechercher dans la bonne direction la cause de cette lourdeur.

De cette manière, vous identifierez petit à petit ce qui vous pèse tant: un intérieur encombré de trop de tout, une multitude de tâches inachevées qui vous y attendent, une cohabitation difficile.

Vous sentez-vous régulièrement assommé, chaque dimanche en fin de journée, par le poids de la semaine à venir? Ce qui vous pèse le plus sera peut-être alors à identifier du côté de votre vie professionnelle: activité en désaccord avec vos valeurs ou dénuée de sens, horaires intenables, ambiance de travail toxique, manque de reconnaissance.

 

Accueillir ce dont je prends conscience

Quelle que soit la situation qui vous pèse tout particulièrement, vous ne pourrez probablement pas la transformer sur-le-champ, même si vous êtes parvenu à l’identifier. Cependant, vous pouvez poser un premier acte: juste accueillir ce dont vous avez pris conscience. Reconnaître que c’est lourd pour vous.

Ce premier pas, déjà, pourra vous aider à ressentir un léger soulagement. Avant même d’avoir modifié quoi que ce soit à une situation insatisfaisante, le simple fait d’oser y poser son regard et son attention relâche, même de manière infime, la pression.

 

Envie et peur à la fois

Nous le savons bien: pour éprouver un sentiment de légèreté réel et durable, il faudra beaucoup désencombrer nos vies, changer ce que nous pourrons changer, aborder avec une attitude neuve ce qui n’aura pas pu l’être.

Le chemin qui se présente fait envie et peur à la fois. Il est pavé d’inconnu, de nouveauté, de lâcher-prise, d’une forme de dépouillement pour enfin connaître la plénitude.

C’est un chemin exigeant. Réjouissant, nécessaire, mais un sacré challenge.

Pour l’instant, ne vous imposez pas d’objectifs trop ambitieux, car ils ne feraient que vous encombrer davantage. Doucement, familiarisez-vous avec l’idée du changement, en l’expérimentant à dose homéopathique.

Pour vous y aider, je vous propose trois étapes: un arrêt sur image, une citation inspirante, une action pour ancrer la réflexion.

 

Je regarde

A l’extrémité ultime d’une branche dénudée, on le devine en ombre chinoise. Aussi discret que léger, avec l’infinité du ciel en arrière-plan.

Un oiseau dans sa pause hivernale, unique présence volante dans une danse de nuages: contrepoint parfait, saisissant, de notre pesanteur.

Tellement plus léger que nous, plus léger même que l’air, il semble nous inviter à nous délester.

Eprouver sa légèreté de plume, ressentir un instant le vertige de l’apesanteur, chanter une liberté rêvée, enviée.

Fais comme l’oiseau… que jamais rien n’empêche d’aller plus haut, comme disait la chanson.

 

 

 

J’écoute, je lis

La citation d’aujourd’hui émane d’un petit livre non traduit en français, «Journeys of Simplicity – Traveling Light».

Son auteur Philip Harnden s’en est allé à la rencontre d’une quarantaine de voyageurs de l’existence, qui ont su, chacun à leur manière, traverser en toute légèreté et simplicité les jours et l’espace.

Parmi eux, on croise un ermite cistercien qui a su ne pas s’encombrer des choses et nous met en garde.

« Aujourd’hui plus que jamais, les hommes avaient à apprendre à vivre sans les choses. Les choses remplissaient les hommes de peur: plus ils en avaient, plus ils avaient à craindre.
Les choses avaient une façon de se river sur l’âme et puis de dire à l’âme que faire.»

 

J’entre en action

Pour aujourd’hui, je vous propose, paradoxalement, de passer à l’action en… faisant une pause.

Quels que soient les poids lourds que vous avez identifiés – qu’il s’agisse de choses matérielles ou… d’autre chose – laissez-les où ils sont, comme ils sont.

Prenez physiquement un peu de distance, sortez de chez vous et privilégiez un coin de nature, si modeste soit-il. Essayez de ne rien avoir dans vos poches – excepté vos clés. Sortez sans portable, déconnectez-vous.

Avec le strict minimum sur vous, imitez l’oiseau et posez-vous, immobile, le temps qui vous conviendra.

Regardez l’arbre, le ciel, les nuages, l’oiseau. Que ressentez-vous?

Laissez venir la légèreté… ou ce qui surviendra: sentiment d’étrangeté, inquiétude, instabilité…

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