Tout un mois avec soi

Jour 1

De l’encombrement à l’allègement

Pour débuter ce mois à la rencontre de soi, notre réflexion initiale portera sur ces deux mots-clé:

Encombrement
Allègement

Le premier évoque souvent un trop-plein matériel, bien réel, mais nous pouvons l’appliquer à tout ce qui nous pèse dans notre vie, tant dans notre passé que dans notre présent et dans notre futur.

Nous nous encombrons de tant de charges: matérielles, émotionnelles, sociales, relationnelles, professionnelles. Or, en prenant petit à petit conscience de ce qui nous écrase ainsi, nous nous autorisons déjà à envisager qu’il pourrait en être autrement.

Ne plus avoir de temps ni d’espace pour soi n’est pas une fatalité, même si la vitesse et l’insistance avec lesquelles de nouvelles obligations viennent s’imposer dans notre quotidien semblent nous dire tout le contraire.

Bien sûr, pour chacune et chacun de nous, la vie charrie son lot d’imprévus, qu’il s’agisse de coups durs ou de petites chicaneries, stressantes et agaçantes bien que de peu d’importance. Bien des situations ne peuvent être évitées, or elles nous «tombent dessus» avec d’autant plus de rudesse que nous sommes déjà lourds et confus inutilement.

 

Un tri en forme d’inventaire

Notre sentiment d’encombrement inéluctable se nourrit de notre incapacité croissante à distinguer l’important du futile, le nécessaire du superflu, ce qui a du sens pour nous et ce qui n’en a plus guère. Nous aurions donc tout intérêt à soumettre notre vie quotidienne à un inventaire.

Même si le besoin et la volonté de se désencombrer sont bien présents et tout aussi sincères, cela ne peut se faire d’un claquement de doigt. Cet inventaire et ses conséquences n’auront du sens que s’il est entrepris sans précipitation, de manière réfléchie et avec un but.

En chemin, vous vous heurterez à des peurs et des obstacles qu’il s’agira d’identifier avant de pouvoir les dépasser. Vous ressentirez parfois à l’opposé le désir presque enragé de tout envoyer balader pour réécrire votre histoire sur une page blanche et dans un espace immaculé.

Entre ces deux extrêmes que sont l’immobilité et une agitation non réfléchie, vous trouverez petit à petit, une étape après l’autre, le rythme et la manière qui vous conviendront pour remettre du mouvement là où votre vie vous apparaît comme encombrée, obstruée.

 

S’alléger pour retrouver
le goût des choses

Reprendre peu à peu le contrôle de ce qui entre dans votre vie et de ce qui en sort vous permettra de vous libérer de ce sentiment d’encombrement qui finit par tout rendre fade et sans saveur.

Imaginez par exemple un rendez-vous de moins dans votre agenda. Peut-être ressentez-vous déjà un infime allègement, la sensation de respirer un peu plus librement. Non seulement vous allez pouvoir bénéficier  de ce petit espace regagné, mais il se pourrait aussi que les autres rendez-vous de la journée vous apparaissent moins stressants, plus agréables.

Déjà, avec un petit changement, vous pourrez expérimenter le moins, mais mieux.

 

Et si l’on commençait par le moins difficile?

Au terme de ce premier jour de «Tout un mois avec soi», vous pourriez avoir pris conscience déjà, même de manière infime et partielle, de l’encombrement qui vous submerge dans un ou plusieurs domaines de votre vie.

Il vous reste à passer à l’action, modestement mais concrètement, pour expérimenter son opposé: un sentiment d’allègement, nécessaire et salvateur.

Pour vous y aider, je vous propose trois étapes: un arrêt sur image, une citation inspirante, une action pour ancrer la réflexion.

 

Je regarde

Cet épais tapis de feuilles mortes tombées au sol un jour de fin novembre, dans un parc genevois, me semble bien illustrer la sensation d’encombrement et la quête d’un allègement.

Ces feuilles mortes sont si nombreuses, dans un tel enchevêtrement, que l’on peine à distinguer de quoi est constitué cet entassement.

L’arbre qui les portait fièrement s’en est délesté au moment où elles ne pouvaient plus être qu’une charge inutile, risquant d’empêcher qu’au printemps prochain de nouveaux bourgeons trouvent l’espace et la nourriture nécessaires à leur croissance.

L’arbre est nu, bientôt déjà prêt pour une nouvelle naissance, pour un nouveau printemps. Se nourrissant aussi, par ses racines, de ce dont il s’est délesté.

 

J’écoute, je lis

Ecoutons et lisons Marie Rouanet, écrivaine née dans les années trente, qui a connu l’avènement de notre société consumériste et goûté l’expérience de ce qu’elle nomme «le dépouillement nécessaire».

Extraite de «Douze petits mois» (Desclée de Brouwer, 1998), cette citation exprime en quelques mots seulement, mais avec quelle force, le poids de notre encombrement:

« J’ai amassé comme tout un chacun
un désordre immense, insupportable.»

 Elle écrit encore:

 «Au début , c’est facile. On éprouve
une agréable sensation d’allègement.
On s’aperçoit que se défaire des choses coûte peu. La première distance prise
avec la possession est exaltante.»

J’entre en action

Le désordre visible et matériel étant aussi celui auquel il est le moins difficile de se confronter, du moins au début comme l’a écrit si justement Marie Rouanet (lire ci-dessus), je vous propose d’entamer votre cheminement personnel vers l’allègement par ces deux actions:

    • dans la minute qui vient ou dès votre retour à la maison, pensez à un objet, quel qu’il soit, que vous n’aimez pas, qui est usé, cassé, pas pratique, inutile et… éliminez-le, sans hésiter!

 

  • à l’inverse, prenez en main un objet que vous chérissez (vêtement, livre, bibelot, photo…), regardez-le vraiment, et placez-le bien en vue dans votre lieu de vie, à la place qu’il mérite si vous l’appréciez autant que vous le pensez.

Ecoutez vos ressentis: soulagement, allègement, ou peut-être de la confusion…

 

TOUT UN MOIS AVEC SOI

Revenir
à la page
principale

TOUT UN MOIS AVEC SOI

Aller
à l’étape
suivante

Share This