Tout un mois avec soi

Jour 4

De la peur à l’audace

Dans nos premières démarches pour substituer à  l’apparent confort de l’habitude la nouveauté et  l’inconnu que nous réserve le changement, nous avons pu expérimenter hier, lors de la troisième étape de ce mois à la rencontre de soi, que la peur constitue un obstacle majeur.

Nous pensons qu’il est plus sage de rester là où nous en sommes dans nos vies, plutôt que de nous risquer à mettre le nez hors des limites de notre zone de confort.

C’est seulement en prenant conscience que quelque chose ne nous convient vraiment plus que nous pouvons commencer à comprendre que le changement, même s’il fait peur, vaudra mieux que le statu quo. Et que nous en ressortirons plus en accord avec nous-même. Et donc plus heureux.

Aller vers le changement, vers une version de notre vie mieux accordée à nos attentes, implique donc de dépasser notre peur. De faire preuve d’audace.

Aujourd’hui, explorons ensemble ces deux notions:

Peur
Audace

La peur, c’est tout ce qui nous retient d’agir, de nous exprimer, d’être nous-même. La peur peut être paralysante, elle peut aussi nous faire fuir. Ou nous rendre agressif quand nous avons le sentiment de ne pas pouvoir échapper à un danger.

Parfois, nous identifions assez simplement une cause concrète de notre peur: la peur des araignées, ou des serpents. Plus souvent, nous pensons l’avoir nommée, mais l’origine réelle de notre peur est plus profonde.  Peur de l’abandon, de la solitude. Peur de l’échec, du regard des autres. Peur de l’inconnu. Peur de la mort.

Et jusqu’à la peur de vivre vraiment, pleinement. Car on peut aussi avoir peur des belles choses… et fuir le bonheur.

 

Accueillir et observer sa peur

Mais pour aller voir ce qui nous attend de l’autre côté de la peur, il faut oser l’affronter, en commençant par l’accueillir avec bienveillance. Si nous pouvons reconnaître que quelque chose  – identifié ou non – nous fait peur et nous empêche d’avancer, nous pouvons déjà limiter, au moins un tout petit peu, l’emprise qu’elle a sur nous.

Comme toute émotion, la peur a besoin que l’on reconnaissance sa présence. Comme toute émotion, elle a besoin d’être entendue, puis rassurée. Et si nous pouvons mieux percevoir à quoi elle ressemble, ce qui la constitue, comment et dans quel contexte elle se manifeste, nous aurons d’autant plus de moyens de l’apprivoiser pour finalement la dompter.

De l’autre côté de la peur, nous trouverons une nouvelle sécurité, précisément car nous n’aurons plus peur du changement ou du manque.

 

Transformer sa peur en audace

Alors osons. Osons transformer notre peur en audace.

Il ne s’agit pas d’accomplir de spectaculaires exploits pour prouver au monde sa témérité et sa bravoure. Recherchez plutôt, là encore, dans les petites choses du quotidien, ce que vous pourriez utiliser comme terrain d’expérimentation.

«J’ai peur de… »
«J’aimerais avoir l’audace de… »

Par quoi pourriez-vous terminer ces phrases?
Un exemple: «J’ai peur de jeter ce vieux pull usé jusqu’à la trame… je pourrais avoir encore envie de le porter. Et puis je ne veux pas gaspiller.» Transformer sa peur en audace permet une nouvelle formulation. «J’aimerais avoir l’audace de m’en débarrasser. En réalité je ne le porte plus et il encombre mon tiroir.» Ensuite, le passage à l’acte. «J’ose, j’ai osé m’en débarrasser.» Voilà votre tiroir allégé d’un pullover… et vous-même de la peur de manquer d’un pull.

La situation prise pour exemple peut vous sembler bien anecdotique quand il s’agit d’apprivoiser une émotion aussi forte que la peur et de développer une attitude aussi engageante que l’audace. Mais faites plutôt l’expérience: un objet dont vous aimeriez vous débarrasser malgré la peur de manquer; un service que vous n’avez pas encore osé demander à un voisin par peur de son refus; l’audace d’une balade au clair de lune malgré votre peur de sortir la nuit; oser marcher pieds nus dans la rue malgré la peur du ridicule et du regard des gens.

 

Se sentir plus vivant

En changeant, vous vous allégez de choses encombrantes, vous vous libérez de vieilles habitudes, vous dépassez des peurs qui en réalité n’avaient plus de raison d’être. Vous vous découvrez capable d’audace. Et vous entrez dans une forme de cercle vertueux avec l’envie de pousser plus loin l’aventure.

Petit à petit, vous vous reconnectez à vos propres ressources, le changement vous rend moins peureux, et l’audace plus heureux.

Pour vous aider à oser, je vous propose trois étapes: un arrêt sur image, une citation inspirante, une action pour ancrer la réflexion.

 

Je regarde

Sur l’image, on ne voit ni d’où il s’est élancé, ni où il se posera en fin de vol.

Ce que l’on comprend, c’est qu’il a osé. Qu’il a surmonté la peur et trouvé l’audace de se jeter dans les airs, avec le vide sous ses pieds.

Avant de prendre la photo, je l’ai vu se préparer, en pleine conscience, étendre sa voile, dénouer ses fils, tester longuement les courants, puis s’évader du sol, confiant dans les brises ascendantes. Face à lui, la  majestueuse chaîne du Mont-Blanc pour témoin de son audace.

Ultime étape, sans doute, d’un long cheminement pour un jour oser le premier saut. Je me prends à l’envier, non par goût du risque, mais pour cette expérience d’échapper physiquement à la pesanteur.

Symboliquement, il me montre un chemin, au-delà de mes peurs, pour oser alléger ma vie, en sautant parfois dans l’inconnu.

 

J’écoute, je lis

Dans «Un retour à l’amour», l’auteur Marianne Williamson nous invite à retrouver notre grandeur. A nous libérer des carcans de l’éducation, de la société, de tout ce qui a imprimé en nous tant de peurs et tant de résistance face à la vie.

Entre thérapie et spiritualité, elle propose un chemin de désencombrement et d’épanouissement de notre être dans toutes ses dimensions.

«Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur. Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite.»

Cette citation en particulier a de quoi balayer nous peurs avec la force d’un coup de vent salvateur. Je la ressens tout à la fois comme vertigineuse et douce. Elle me donne cette sensation que l’audace est notre nature profonde et la peur tout juste un passager clandestin.

J’entre en action

Pourquoi l’audace plutôt que le courage?

L’audace me semble dégager une énergie plus légère, plus porteuse.

On fait preuve de courage face à l’adversité qui ne nous laisse pas le choix.

L’audace relève davantage de notre propre volonté, d’une envie, d’un défi que nous nous lançons à nous-même.

En apprenant par vos expériences quotidiennes à faire preuve d’audace, je vous invite à appréhender cette démarche plutôt comme un jeu.

Essayez de vous reconnecter à l’enfant en vous, à vous revoir jouant à vous lancer des défis avec les copains à la récré,  à qui sera le plus peureux… ou le plus audacieux.

«T’es cap’ ou t’es pas cap’?»

 

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