Tout un mois avec soi

Jour 9 – étape 9

De la résignation au libre arbitre

Lors de notre première semaine de ce cheminement «Tout un mois avec soi», nous avons progressivement pris conscience de de ce qui encombre nos vies, bloque nos élans, limite nos pensées et nos actes.

Nous avons notamment évoqué le découragement, l’incertitude, l’indécision. Souvent, nous ne savons pas comment agir. Nous avons peur des conséquences, de ne pas faire le bon choix, de manquer notre objectif.

Nous avons exploré comment garder espoir, reprendre de l’assurance, oser faire des choix. Mais parfois, cela semble ne pas suffire à nous remettre en mouvement. Alors nous capitulons.

Explorons ensemble aujourd’hui ces deux notions:

Résignation
Libre arbitre

Se résigner, c’est croire en une forme de fatalité, comme si tout était écrit d’avance. La résignation, c’est le contraire de la révolte. On accepte, sans manifester que l’on n’est pas d’accord, mais surtout sans rien entreprendre pour faire changer au moins un tout petit peu la situation.

Vous connaissez sans doute cette «prière de la sérénité» qui nous parle d’acceptation:

«Donnez-moi la sérénité
d’accepter les choses que je ne peux changer,
le courage de changer les choses qui peuvent l’être,
et la sagesse d’en connaître la différence.»

 

Acceptation n’est pas résignation

Si l’acceptation constitue la première étape nécessaire pour calmer nos émotions face à une situation difficile, cela ne signifie en aucun cas qu’il convient de se résigner. Nous pouvons être, au sens propre, la victime d’un événement que nous n’avons ni choisi ni provoqué, mais c’est tout autre chose de nous «poser en victime» de ce qui nous arrive.

Nulle leçon de morale à lire entre les lignes, bien évidemment. Lorsque vous êtes blessé, à terre, vous n’avez pas à montrer au monde un courage à toute épreuve. Il est le plus souvent tout à fait légitime de se sentir blessé.

Lorsque nous parlons d’acceptation, il s’agit de l’acceptation de ce qui ne peut être changé, mais aussi de l’acceptation de ce que nous ressentons. Nous l’avons vu, nos émotions, notre souffrance ont besoin d’être accueillies pour trouver un peu d’allègement. Cet accueil bienveillant de ce que nous vivons et des conséquences que cela a sur nous, c’est une empathie que l’on s’accorde à soi-même.

La résignation, en revanche, nous apportera difficilement un réconfort. Nous continuons, en nous résignant, de nous faire du mal à nous-mêmes, et cela ne fait qu’accroître le mal qui nous a été fait.

 

Se respecter soi-même plutôt que se résigner

Une attitude résignée va souvent de pair avec une mauvaise estime de soi. On considère que l’on ne mérite pas autre chose que ce qui nous arrive. Que l’on ne mérite pas mieux… ce qui montre bien que l’on se juge de peu de valeur.

On en vient alors à se dire à soi-même des phrases aussi affligeantes que celle-ci: «Je n’ai que ce que je mérite!» Et l’on n’hésite pas à ajouter, pour bien se martyriser: «Bien fait pour moi!»  Cela vous parle, n’est-ce pas?

Changeons d’attitude. Reconnaissons le mal qui nous a été fait, accueillons nos souffrances, mais ne nous résignons plus à nous considérer de si peu de valeur.

 

Faire appel à son libre arbitre

Ne pas nous laisser aller à la résignation, ou du moins faire en sorte de ne pas y demeurer ne pourra que nous aider à nous sentir mieux. Qu’il s’agisse de «petites» capitulations face à des broutilles récurrentes qui alourdissent notre quotidien ou d’une tentation de se résigner en réponse à un événement sérieux dans notre vie, c’est nous-même et personne d’autre – ou du moins pas sans nous – qui pourrons redonner du sens à nos jours.

C’est là qu’intervient notre libre arbitre. C’est lui, le maître à bord, au moment de déterminer ce que nous allons faire de ce qui nous arrive. Il représente notre liberté fondamentale à définir ce qui est essentiel pour nous, ce qui vaut la peine que l’on se relève.

Pour vous aider à ne pas vous résigner et permettre à votre libre arbitre de mieux vous estimer, je vous propose trois étapes: un arrêt sur image, une citation inspirante, une action pour ancrer la réflexion.

 

Je regarde

A verse, il pleuvait.

Le début de matinée annonçait une de ces journées que la météo nous fait parfois qualifier de «pourrie». C’est que nous avons tendance à considérer la pluie comme une sorte d’ennemie qui se met en travers de nos projets et nous rend capricieux comme des gosses.

L’averse semblait ne plus vouloir s’arrêter. Les gouttes inondaient les vitres, s’écrasaient sur le sol… et  tout à coup elles ont ruisselé en étincelant dans un rayon de soleil.

Il a suffi de tourner la tête. Derrière le rideau de pluie, le spectacle céleste avait commencé: un arc-en-ciel à la forme parfaite dessinait une arche irisée au-dessus du lac, de plus en plus distincte, de plus en colorée.

Puis l’arc-en-ciel a disparu. Le soleil s’est installé. Il ne pleuvait plus.

Le message m’a semblé clair: ne jamais se résigner.

 

J’écoute, je lis

Cette phrase poignante, c’est l’aveu d’impuissance de Philippe Labro dans un récit absolument remarquable sur sa traversée de la dépression.

Ecoutons-le:

«Je suis pris par cette panique: que puis-je faire de moi dans la minute qui vient?»

«Tomber sept fois, se relever huit», tel est le titre de son témoignage, incontournable pour mieux comprendre toute la résignation engendrée par la maladie.

Il aurait pu s’y laisser couler, sans révolte, juste dans l’incompréhension totale de ce qui s’abattait sur lui. Puis il a accepté, en premier lieu d’être malade, puis de se faire aider.

Même lorsque toute volonté semble avoir capitulé, il demeure en nous ce sursaut, l’instinct de survie.

Son libre arbitre l’a remis dans le sens de la vie.

 

J’entre en action

Pour aujourd’hui, je vous propose de réfléchir à une situation dans votre histoire de vie qui vous a fait éprouver de la résignation.

Nous avons toutes et tous vécu des moments où plus aucune issue ne semblait possible, où le découragement nous a fait nous résigner, convaincus que nous ne pourrions plus rien changer.

Retrouvez dans votre passé, récent ou plus ancien, un moment ressemblant à cela. Puis prenez conscience qu’aujourd’hui, ce que vous ressentez n’est plus ce que vous éprouviez alors.

Vous n’êtes plus exactement cette personne qui avait capitulé. Vous avez utilisé vos propres ressources pour y croire encore. Pour faire un choix. Pour réaliser que vous aviez, malgré tout, votre libre arbitre pour faire bouger, même de manière infime, les choses.

Souvenez-vous que vous avez trouvé quoi faire de vous.

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