1. De l’encombrement à l’allègement

1. De l’encombrement à l’allègement

Jour 1 – étape 1

Pour débuter ce mois à la rencontre de soi, notre réflexion initiale portera sur ces deux mots-clé:

Encombrement
Allègement

Le premier évoque souvent un trop-plein matériel, bien réel, mais nous pouvons l’appliquer à tout ce qui nous pèse dans notre vie, tant dans notre passé que dans notre présent et dans notre futur.

Nous nous encombrons de tant de charges: matérielles, émotionnelles, sociales, relationnelles, professionnelles. Or, en prenant petit à petit conscience de ce qui nous écrase ainsi, nous nous autorisons déjà à envisager qu’il pourrait en être autrement.

Ne plus avoir de temps ni d’espace pour soi n’est pas une fatalité, même si la vitesse et l’insistance avec lesquelles de nouvelles obligations viennent s’imposer dans notre quotidien semblent nous dire tout le contraire.

Bien sûr, pour chacune et chacun de nous, la vie charrie son lot d’imprévus, qu’il s’agisse de coups durs ou de petites chicaneries, stressantes et agaçantes bien que de peu d’importance. Bien des situations ne peuvent être évitées, or elles nous «tombent dessus» avec d’autant plus de rudesse que nous sommes déjà lourds et confus inutilement.

 

Un tri en forme d’inventaire

Notre sentiment d’encombrement inéluctable se nourrit de notre incapacité croissante à distinguer l’important du futile, le nécessaire du superflu, ce qui a du sens pour nous et ce qui n’en a plus guère. Nous aurions donc tout intérêt à soumettre notre vie quotidienne à un inventaire.

Même si le besoin et la volonté de se désencombrer sont bien présents et tout aussi sincères, cela ne peut se faire d’un claquement de doigt. Cet inventaire et ses conséquences n’auront du sens que s’il est entrepris sans précipitation, de manière réfléchie et avec un but.

En chemin, vous vous heurterez à des peurs et des obstacles qu’il s’agira d’identifier avant de pouvoir les dépasser. Vous ressentirez parfois à l’opposé le désir presque enragé de tout envoyer balader pour réécrire votre histoire sur une page blanche et dans un espace immaculé.

Entre ces deux extrêmes que sont l’immobilité et une agitation non réfléchie, vous trouverez petit à petit, une étape après l’autre, le rythme et la manière qui vous conviendront pour remettre du mouvement là où votre vie vous apparaît comme encombrée, obstruée.

 

S’alléger pour retrouver
le goût des choses

Reprendre peu à peu le contrôle de ce qui entre dans votre vie et de ce qui en sort vous permettra de vous libérer de ce sentiment d’encombrement qui finit par tout rendre fade et sans saveur.

Imaginez par exemple un rendez-vous de moins dans votre agenda. Peut-être ressentez-vous déjà un infime allègement, la sensation de respirer un peu plus librement. Non seulement vous allez pouvoir bénéficier  de ce petit espace regagné, mais il se pourrait aussi que les autres rendez-vous de la journée vous apparaissent moins stressants, plus agréables.

Déjà, avec un petit changement, vous pourrez expérimenter le moins, mais mieux.

 

Et si l’on commençait par le moins difficile?

Au terme de ce premier jour de «Tout un mois avec soi», vous pourriez avoir pris conscience déjà, même de manière infime et partielle, de l’encombrement qui vous submerge dans un ou plusieurs domaines de votre vie.

Il vous reste à passer à l’action, modestement mais concrètement, pour expérimenter son opposé: un sentiment d’allègement, nécessaire et salvateur.

Pour vous y aider, je vous propose trois étapes: un arrêt sur image, une citation inspirante, une action pour ancrer la réflexion.

 

Je regarde

Cet épais tapis de feuilles mortes tombées au sol un jour de fin novembre, dans un parc genevois, me semble bien illustrer la sensation d’encombrement et la quête d’un allègement.

Ces feuilles mortes sont si nombreuses, dans un tel enchevêtrement, que l’on peine à distinguer de quoi est constitué cet entassement.

L’arbre qui les portait fièrement s’en est délesté au moment où elles ne pouvaient plus être qu’une charge inutile, risquant d’empêcher qu’au printemps prochain de nouveaux bourgeons trouvent l’espace et la nourriture nécessaires à leur croissance.

L’arbre est nu, bientôt déjà prêt pour une nouvelle naissance, pour un nouveau printemps. Se nourrissant aussi, par ses racines, de ce dont il s’est délesté.

 

J’écoute, je lis

Ecoutons et lisons Marie Rouanet, écrivaine née dans les années trente, qui a connu l’avènement de notre société consumériste et goûté l’expérience de ce qu’elle nomme «le dépouillement nécessaire».

Extraite de «Douze petits mois» (Desclée de Brouwer, 1998), cette citation exprime en quelques mots seulement, mais avec quelle force, le poids de notre encombrement:

« J’ai amassé comme tout un chacun
un désordre immense, insupportable.»

 Elle écrit encore:

 «Au début , c’est facile. On éprouve
une agréable sensation d’allègement.
On s’aperçoit que se défaire des choses coûte peu. La première distance prise
avec la possession est exaltante.»

J’entre en action

Le désordre visible et matériel étant aussi celui auquel il est le moins difficile de se confronter, je vous propose d’entamer votre cheminement personnel vers l’allègement par ces deux actions:

  • dans la minute qui vient ou dès votre retour à la maison, pensez à un objet, quel qu’il soit, que vous n’aimez pas, qui est usé, cassé, pas pratique, inutile et… éliminez-le, sans hésiter!
  • à l’inverse, prenez en main un objet que vous chérissez (vêtement, livre, bibelot, photo…), regardez-le vraiment, et placez-le bien en vue dans votre lieu de vie, à la place qu’il mérite si vous l’appréciez autant que vous le pensez.

Ecoutez vos ressentis: soulagement, allègement, ou peut-être de la confusion…

 

De l’inquiétude à la quiétude

De l’inquiétude à la quiétude

Tout un mois avec soi

Jour 13 – étape 13

De l’inquiétude à la quiétude

En nous détachant  du regard extérieur sur qui nous sommes, ce que nous faisons et comment, nous avons vu, les jours précédents, que nous pouvions aussi aborder différemment la  notion d’échec. Petit à petit, notre perspective change et nous nous accordons le droit de nous alléger de trop de contraintes que nous pensions inéluctables.

Aujourd’hui, je vous invite à prendre le temps d’observer les effets d’un tel changement de perspective.

Pour cela, penchons-nous ensemble sur ces deux ressentis:

Inquiétude
Quiétude

L’inquiétude, il n’est guère besoin, me semble-t-il, de vous la décrire. Nous la connaissons toutes et tous  tant elle nous colle aux talons dans tous les domaines de notre vie. Généralement, nous nous inquiétons à peu près pour tout, des plus petites choses du quotidien aux plus grands enjeux de nos existences.

Les plus soucieux d’entre nous la considèrent au fond comme un état naturel. Mais avez-vous remarqué ce préfixe de deux lettres en début de mot: «in-». Cela ne signifierait-il pas que notre état véritablement naturel serait ce même mot, mais non affublé de son préfixe, évoquant par conséquent le sentiment opposé: la quiétude.

 

Agir davantage et moins penser

L’inquiétude provoque souvent une certaine anxiété que nous ressentons tant physiquement qu’émotionnellement. Mais elle naît dans nos pensées. Nous anticipons, nous imaginons. Notre cerveau a la carrure d’un champion lorsqu’il s’agit d’appréhender une situation à venir sous toutes ses coutures, en énumérant toutes les manières dont cela pourrait mal tourner.

L’inquiétude n’est jamais une réalité objective, mais une projection de notre esprit. Nous aimerions contrôler les événements, or nous ne pouvons jamais tout maîtriser. La plupart du temps, notre inquiétude est liée à des éléments sur lesquels nous n’avons pas de prise.

Lorsque nous pouvons, ou osons agir là où cela nous est possible, nous nous inquiétons moins et nous mettons notre énergie dans une attitude plus constructive en trouvant des solutions ou en contournant une difficulté.

 

S’inquiéter… ou être tranquille

Les mots ont des choses à nous dire. Nous l’avons vu, l’inquiétude est une absence de quiétude. Quiétude que l’on pourrait considérer comme notre état naturel.

Pour l’inquiétude, il existe un verbe. Je peux dire: «Je m’inquiète». Si vous vous inquiétez, vous êtes donc en quelque sorte actif, mais d’une activité contre-productive. En réalité, votre esprit s’agite, vos pensées s’emballent, votre imagination galope.

A l’opposé, pas de verbe pour exprimer la quiétude. Ce n’est pas une action, c’est un état. Il est question d”être dans la quiétude, de la ressentir, de l’habiter.

Pour moins nous inquiéter et nous sentir plus tranquille, nous n’avons rien à changer fondamentalement. Il ne s’agit pas de nous efforcer de modifier une attitude, une réaction. Il est même conseillé de ne rien faire de particulier.

Essayons simplement d’être ici, présent à l’instant. Et observons ce que nous ressentons. Au début, sans doute, beaucoup d’agitation. Puis petit à petit, comme un semblant de calme, dans notre esprit, dans notre corps, dans notre coeur.

 

Laisser venir la quiétude

Si je m’inquiète, c’est que je pense à plus tard, à ce qui se passera dans quelques secondes, une heure, un jour, un an, dix ans… Cela semble ne pas avoir de fin.

L’inquiétude, c’est comme une fissure dans notre réservoir d’énergie vitale. Il est temps de colmater la fuite, de nous ressourcer dans la quiétude pour refaire nos réserves.

Un sage disait: «Je me suis inquiété toute ma vie pour tellement de choses dont la plus grande partie ne se sont jamais produites.»

Pour vous aider à ne plus vous inquiéter de tout, tout le temps, je vous propose trois étapes: un arrêt sur image, une citation inspirante, une action pour ancrer la réflexion.

 

Je regarde

C’est un temps d’avril. Un temps à giboulées.

A l’Arboretum, les prunus parmi les plus précoces ont entamé leur floraison. Ce matin-là, ils ont les pieds dans la neige. En contrebas, l’Aubonne défile à gros bouillons.

En arrière-plan, les arbres semblent comme brûlés par le froid de l’hiver. Dans quelques jours pourtant, chacun à son rythme,  ils offriront au regard toute la palette des verts.

Je souris devant la nature messagère. Elle m’invite à la patience, à la contemplation. Au silence.

Nulle inquiétude de son côté. Tout est bien, en harmonie entre deux saisons. Rencontre de l’hiver finissant avec le printemps naissant. Rencontre de la neige et des fleurs…

Envie de demeurer là, en toute quiétude.

J’écoute, je lis

Il nous vient de si loin, Li Po, également connu sous le nom de Li Bai.

Il nous vient d’une autre culture, le taoïsme; d’un autre pays, la Chine; d’un autre temps, le VIIIe siècle. Pourtant, cet immense poète nous transmet avec un talent immémorial l’art de l’instant présent dans la contemplation de la nature.

Il a côtoyé de son temps la vie des riches palais, avant de fréquenter des ermites et se retirer de tout pour savourer l’essentiel.

Ecoutons-le pour mieux nous taire:

« Tu me demandes pourquoi j’ai élu domicile dans les bois sur la montagne, et je souris, et je me tais, et même mon âme fait silence.
Elle vit dans cet autre monde qui n’appartient à personne.
Le pêcher est en fleur. La rivière coule.
»

 

J’entre en action

Pour aujourd’hui, je vous propose d’expérimenter un moment de méditation en pleine conscience avec pour objet la sensation d’inquiétude et de quiétude.

Installez-vous simplement en position assise, confortablement. Prenez bien conscience de votre corps, de sa position, de vos pieds posés à plat sur le sol.

Mais déjà, sans doute, en l’espace de quelques secondes, des pensées ont assailli votre esprit.

A quoi pensez-vous? Je devrais plutôt dire: «De quoi vous inquiétez-vous?»… tant il est probable que ce que à quoi vous pensez vous préoccupe.

Revenez gentiment à vos sensations corporelles, à votre respiration. Revenez ici et maintenant. Et observez, même si cela ne dure qu’une seconde, l’instant de quiétude où votre attention n’est plus accaparée par votre esprit.

De l’échec à l’expérience

De l’échec à l’expérience

Tout un mois avec soi

Jour 12 – étape 12

De l’échec à l’expérience

En observant hier notre vulnérabilité au regard extérieur et notre difficulté à nous évaluer, à nous apprécier sans nous comparer, nous comprenions déjà combien nous avons souvent tendance à ne pas nous considérer à la hauteur.

Mais à la hauteur de quoi? De ce que les autres attendent de nous? De nos propres objectifs? De ce que nous pensons devoir être? En d’autres termes, nous avons l’art, malheureux, de nous mettre en échec.

Aujourd’hui, explorons ensemble ces deux attitudes:

Echec
Expérience

Nous avons tendance à considérer comme un échec tout événement qui ne s’est pas déroulé comme nous l’avions prévu. Dans ce cas, l’échec n’est pas une notion objective, il est seulement fonction de ce que nous nous étions fixé comme challenge. Nos efforts n’ont pas abouti au résultat escompté.

Il arrive aussi, bien sûr, que l’objectif nous soit imposé. Ainsi, ne pas obtenir la moyenne à un examen s’apparente à un échec.

 

L’échec selon une norme

Lorsque nous n’atteignons pas un résultat qui nous est fixé, admis comme une norme, une unité de mesure commune, alors nous pouvons parler d’échec au sens propre. A savoir, par exemple, que nous n’avons pas obtenu la note ou le nombre de points nécessaire à la validation d’un examen, à l’obtention d’un diplôme, à notre passage au degré supérieur. L’appréhension de ce type d’échec provoque chez beaucoup d’entre nous stress et anxiété.

La peur de l’échec nous poursuit souvent dès l’enfance. Elle grandit proportionnellement au manque de confiance en soi… et réciproquement.

Ici, il s’agit d’échec par rapport à ce que l’on attend de nous. Ou plutôt de tout le monde. Nous devons nous conformer à une norme; la façon dont nos connaissances sont évaluées ne tient guère compte de notre individualité.

 

De la relativité de l’échec

Un sentiment d’échec peut nous envahir lorsque nous ne faisons pas ce que d’autres font: devenir propriétaire de son logement, avoir un poste à responsabilité, un mariage heureux, de beaux enfants, des vacances aux Seychelles. Là encore, même s’il ne s’agit plus de réussir ou d’échouer à un examen, cela y ressemble. Nous nous sentons en échec par rapport à un standard de réussite imposé par notre société.

Et si vous preniez la peine de vous interroger? Est-ce vraiment de tout cela dont vous rêvez et avez besoin pour – vous – prouver votre valeur?

Quels sont vos propres critères de réussite? Il risque d’être bien difficile de les déterminer, tant la pression normative est forte.

Pour que la vie ne soit plus vécue comme une succession d’échecs mais d’expériences, il est essentiel de faire ses propres choix. Qu’est-ce qui est important pour vous? Qu’aimez-vous faire? Que rêvez-vous d’accomplir? Fixez-vous des buts, des objectifs, mais n’oubliez pas d’apprécier le voyage et de faire preuve de  souplesse en planifiant votre itinéraire.

Choisissez une direction, avec un but suffisamment vaste pour que chacune de vos expériences puisse vous en rapprocher. C’est la voie qui vous permettra de vous libérer de la peur de l’échec… et par conséquent de l’échec lui-même.

 

L’échec, c’est de ne pas se lancer

La peur de l’échec conduit aux mêmes conséquences que la peur du regard extérieur: nous n’osons pas nous lancer, nous préférons renoncer… ce qui nous prive de tant d’expériences précieuses pour nous aider à devenir la plus belle version de soi-même.

Pour vous aider à ne plus craindre l’échec et à cheminer d’expérience en expérience,  je vous propose trois étapes: un arrêt sur image, une citation inspirante, une action pour ancrer la réflexion.

 

Je regarde

A la Pointe-à-la-Bise, tout à côté de la roselière genevoise où convergent à la tombée du jour des nuées d’oiseaux aquatiques, je me pose en silence au terme d’une journée de travail.

Ai-je réussi ma mission aujourd’hui? Ai-je été adéquate, authentique, aidante? Suffisamment à l’écoute?

A quoi se mesure la réussite ou l’échec?

Je contemple le soleil disparaissant derrière la crête, ce halo de lumière qu’il laisse dans son sillage. Et les centaines d’oiseaux qui vont passer la nuit ici, qu’ont-ils appris, qu’ont-ils accompli au terme de ce jour?

Comme eux, j’ai traversé, expérimenté un nouveau jour. J’ai cheminé. Pas d’échec ni de réussite, simplement la vie à chaque instant, avec les autres et avec moi-même. Autant de pas franchis vers un peu plus de vécu, un peu plus d’expérience. 

 

J’écoute, je lis

Par sa personnalité, par ses conférences, Christiane Singer laisse à toutes celles et ceux qui ont eu l’occasion de la côtoyer le souvenir d’une humanité intense, palpable. Aujourd’hui encore, plus de douze ans après son départ, ses écrits nous élèvent et nous transportent.

Chacune de ses oeuvres littéraires – essais, récits, romans – est à lire et à relire.

Derrière son titre qui nous interpelle tant, «Où cours-tu? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi?» recèle des pépites à chaque page, donne un sens à la  vie dans toutes ses dimensions. Christiane Singer invite à «se mettre au service de la vie, prendre soin aujourd’hui encore de la petite enclave de vie qui m’est confiée».

Ecoutons ses paroles bienveillantes:

« Personne n’exige de moi que je réussisse
mais seulement que je franchisse un pas en direction de la lumière.
»

J’entre en action

Pour aujourd’hui, je vous propose de penser à une activité, un projet dans votre journée qui ne se déroule pas tout à fait comme vous l’auriez imaginé et souhaité.

Il peut s’agir de circonstances en apparence anodines bien que contrariantes.

Vous pouvez penser à cette situation en terme d’échec: un rendez-vous oublié; un retard dû aux encombrements sur la route; un dossier à boucler auquel il manque un élément essentiel; votre enfant qui pique une crise à la caisse du supermarché; une nuit d’insomnie…

Vous pouvez aussi choisir d’identifier plutôt dans cette situation ce qu’elle vous a appris, en quoi elle vous a fait avancer d’un pas: vous vous êtes excusé sans culpabiliser; vous avez pu calmer votre enfant en vous détachant du regard des autres clients; vous n’avez pas angoissé, les yeux grand ouverts dans votre lit, sur les conséquences d’une petite nuit…

 

Du regard extérieur à l’auto-évaluation

Du regard extérieur à l’auto-évaluation

Tout un mois avec soi

Jour 11 – étape 11

Du regard extérieur à l’auto-évaluation

Nous avons vu hier que notre sentiment d’enfermement pouvait se manifester de différentes manières et  avoir diverses causes. Or, même si cela peut sembler paradoxal, lorsque nous nous sentons confiné à l’intérieur de nous-même, c’est que notre rapport à ce qui nous est extérieur souffre d’un déséquilibre. Nous nous évaluons en fonction des autres et nous nous mettons d’autant plus en retrait.

Aujourd’hui, explorons ensemble ces deux attitudes:

Regard extérieur
Auto-évaluation

Le regard extérieur, c’est tout ce que nous voyons, entendons, interprétons qui nous vient des autres, de notre environnement familial, amical, professionnel ou plus généralement de la société dans laquelle nous vivons.

Nous imaginons que nous devons être «comme les autres» pour être considéré comme une personne valable, adéquate, reconnue, acceptée. Nous faisons confiance à ces jugements externes pour définir qui nous sommes et et ce que nous valons.

 

Comme si les autres savaient mieux que nous

Le manque d’estime de soi accroît naturellement l’importance que nous accordons au regard des autres. Si nous nous considérons nous-même comme inférieur, nous donnons raison à tous les jugements extérieurs ciblant nos insuffisances… ou du moins ce que nous considérons comme tel.

Ce dénigrement de soi-même renforcé par notre environnement se manifeste jusqu’au refus de tout compliment que l’on ne saura pas recevoir comme étant une vérité, une parole sincère.

Lorsque nous faisons quelque chose de mal, ou de pas assez bien, nous nous le reprochons. Lorsqu’il nous est renvoyé de l’extérieur que nous avons bien agi, que nous avons été généreux, aimant, aidant, nous considérons cela comme simplement normal.

De même, un échec est dû à notre incompétence, alors que si nous réussissons, c’est juste une question de chance.

 

Une auto-évaluation bienveillante

L’importance excessive que nous accordons aux regards extérieurs nous est d’autant plus néfaste qu’elle s’accompagne le plus souvent de mauvaises interprétations de notre part. Si des personnes nous adressent des commentaires désobligeants, durs, critiques, plutôt que de les considérer comme des jugements sans fondement, nous nous laissons persuader trop facilement que ce que l’on dit de nous est vrai.

Pour résister aux critiques extérieures – bien réelles ou sur-évaluées par notre manque de confiance en nous – nous devons développer nos capacités d’auto-évaluation. Et surtout, il est essentiel que cette auto-évaluation ne repose plus sur une faible estime de soi.

Trop souvent sans doute, vous donnez raison à une personne qui vous critique. Pire, vous vous donnez raison à vous-même en vous critiquant.

Essayez donc d’être plus attentif à toutes ces situations du quotidien où vous vous appropriez les reproches que vous entendez autour de vous ou ceux que vous vous les adressez à vous-même. Puis faites l’exercice d’inverser les rôles: imaginez à votre place une personne que vous appréciez, un ami, une collègue de travail. Vous viendrait-il à l’idée d’être aussi dur avec cette personne que vous l’êtes avec vous-même?

Si elle fait l’objet de reproches injustifiés, n’auriez-vous pas envie de la défendre et de remettre la personne accusatrice à sa place? Alors pourquoi ne pas le faire pour vous-même?

 

Oser être soi-même

En psychologie humaniste, nous parlons de «locus de contrôle» externe ou interne. Cette notion apparaît plus essentielle et plus actuelle que jamais, dans une société où la publication à tout-va de qui nous croyons être et de ce que nous faisons ne connaît plus de limites. Tout est devenu sujet à comparaison, évaluation et surenchère.

Pour développer nos capacités d’auto-évaluation – notre «locus de contrôle» interne – il nous faut davantage nous respecter, poser des limites plus claires à notre individualité et la rendre moins perméable aux influences extérieures.

Pour vous aider à vous détacher du regard extérieur et oser être vous-même,  je vous propose trois étapes: un arrêt sur image, une citation inspirante, une action pour ancrer la réflexion.

 

Je regarde

Face à un pré fleuri comme celui-ci, nous nous émerveillons. Puis très vite notre esprit évalue, estime, compare. Lesquelles sont donc les plus belles? Les fleurs blanches au premier plan… le tapis jaune soleil un peu plus loin?

Peut-être vais-je donner davantage de valeur aux arbres qui bordent le pré. Ou encore, au-delà, à ces champs cultivés où le blé en herbe deviendra céréale, puis farine et pain.

Et si je cessais plutôt d’évaluer, contemplant simplement chaque fleur dans sa beauté unique, chaque arbre dans sa grandeur et sa solidité, chaque épi de blé à venir comme un cadeau de la terre…

L’arbre ne se soucie pas du regard de la fleur. La fleur blanche ne se croit pas plus belle, ou au contraire de moindre valeur que sa voisine jaune soleil.

 

J’écoute, je lis

Eminent psychologue et psychothérapeute, fondateur de l’approche centrée sur la personne, Carl R. Rogers croit en la capacité de tout être humain de développer son propre potentiel selon un processus qu’il nomme l’auto-actualisation.

Pour être pleinement soi-même, il s’agit notamment de se libérer du regard extérieur, de devenir son propre observateur.

Il l’exprime sobrement, d’une sobriété à l’image de son approche thérapeutique, simple en apparence mais d’une profonde richesse.

Ecoutons-le:

« Je me sens plus heureux simplement du fait d’être moi-même et de laisser les autres être eux-mêmes.»

J’entre en action

Pour aujourd’hui, je vous propose d’expérimenter une journée où vous resterez du mieux que vous le pouvez connecté à vous-même

Pour cela, essayez de laisser de côté tout commentaire extérieur vous concernant. Ne vous comparez à personne.

Si vous faites quelque chose de maladroit – renverser votre café, casser un verre, oublier de prendre votre parapluie… – ne vous adressez aucun reproche. Cela nous arrive à toutes et tous.

Au lieu de vous traiter d’incapable – ou pire que cela – terminez  plutôt votre journée avec une action bienveillante envers vous-même. Par exemple en notant dans un petit carnet trois choses qui vont ont fait vous sentir fier de vous, ou tout simplement en accord avec vous-même.

De l’enfermement à la libération

De l’enfermement à la libération

Tout un mois avec soi

Jour 10 – étape 10

De l’enfermement à la libération

Lorsque nous évoquions hier ce qui, dans nos vies, peut nous amener à nous résigner, pensant que nous n’avons plus de prise sur quoi que ce soit, nous pouvions déjà ressentir l’état de résignation comme une forme de prison, tant psychologique qu’émotionnelle.

Parfois, l’impossibilité d’en sortir que nous ressentons semble si réelle que l’on n’essaie plus. Nous avons vu que seul notre libre arbitre peut nous aider à dépasser ce sentiment d’impuissance, d’injustice et nous amener à considérer qu’un choix reste possible, malgré tout.

Aujourd’hui, approfondissons un peu ensemble ce processus de remise en mouvement, de changement de perspective, à travers ces deux notions:

Enfermement
Libération

L’enfermement, nous pouvons le ressentir à divers niveaux: physiquement, mentalement, émotionnellement ou encore relationnellement.

Lorsque nous sommes enfermé physiquement trop longtemps dans un lieu, nous ressentons l’inconfort dans notre corps: chaleur, confinement, promiscuité, manque d’oxygène, difficulté à nous mouvoir, sensation d’oppression, voire d’étouffement.

 

Enfermés dans notre mental

D’autres formes d’enfermement sont, en revanche, plus difficiles à détecter. Ainsi, nous n’avons souvent pas conscience que nous nous sommes enfermé à double tour dans notre mental. Les barreaux de notre prison sont nos habitudes, nos idées toute faites, nos jugements – dirigés tant contre nous que contre les autres – notre rigidité psychique.

Nous ne sommes pas seuls responsables de cette situation de confinement. Notre éducation, notre culture, la génération à laquelle nous appartenons, notre contexte familial, notre histoire de vie contribuent à nous conditionner et à nous enfermer.

Au plan comportemental, vous avez sans doute entendu et finalement admis comme un état naturel que vous êtes, par exemple: timide, colérique, paresseux, peu persévérant, toujours en retard, pas fiable… toutes ces étiquettes que l’on vous a collées souvent dès votre enfance et que vous avez acceptées comme des vérités.

Puis la vie s’est chargée de vous soumettre à diverses épreuves douloureuses et vous vous êtes enfermé dans des réactions émotionnelles qui ne soulagent pas. Au niveau relationnel, des rencontres pas toujours belles vont ont abîmé, vous ont fait douter de vous, et vous répétez malgré vous les mêmes schémas.

 

Comment s’évader de notre prison

L’enfermement physique, nous pouvons dans la plupart des cas y remédier en quittant un lieu, en ouvrant une fenêtre, en faisant circuler un air frais. Aussitôt, nous nous sentons mieux.

En revanche, ce qui confine notre mental, nos émotions, nos comportements, nos relations semble souvent nous échapper. Et même lorsque nous commençons à identifier ce qui limite notre façon de penser, sclérose nos attitudes et nous serre le coeur, nous voyons mal comment y échapper.

C’est que nous n’avons pas encore trouvé l’issue, la ou les portes de sortie. Et lorsque nous les aurons trouvées, il nous faudra encore découvrir comment on les ouvre, après nous être débarrassé de ce qui les obstrue.

 

La libération viendra de soi-même

Ce processus de libération exige de nous de la persévérance, des capacités d’introspection et de remise en question. La bonne nouvelle? C’est une chose possible, à tout âge de la vie. Il n’est jamais trop tard..

Notre enfermement est le résultat de multiples causes, circonstances, influences extérieures. Les barreaux derrière lesquels nous végétons se sont resserrés à mesure que nous nous sommes appropriés ce qui nous était souvent imposé.

Il est temps de faire de la place, de libérer l’espace, de rejeter ce qui ne vous appartient pas, ce en quoi vous ne vous reconnaissez plus. La porte se trouve juste là, derrière tout ça.

Pour vous aider à identifier ce qui vous enferme et comment vous libérer,  je vous propose trois étapes: un arrêt sur image, une citation inspirante, une action pour ancrer la réflexion.

 

Je regarde

Le long d’une petite route en campagne genevoise, ce portail m’interpelle à chaque passage. Apparemment, pas de maison luxueuse à protéger du côté interdit.

Les piliers de béton ne sont plus très droits, et la grille elle-même est un peu de guingois. Retenant ses deux pans, le cadenas bloquant la chaîne semble ne jamais s’ouvrir. Pas de clé dans la serrure.

Que cherchons-nous à protéger lorsque nous restons enfermé derrière un portail hérissé de pointes dissuasives? Voulons-nous empêcher ce qui nous est inconnu, étranger, de pénétrer? N’est-ce pas plutôt nous-même que nous empêchons de sortir?

En regardant bien, je constate que la nature reprend ses droits. De part et d’autre du portail, la clôture est plutôt perméable et chancelante, bousculée par les grands arbres majestueux.

Il y a des ouvertures pour… s’évader. Et retrouver sa vraie nature.

 

J’écoute, je lis

Les livres du psychosociologue Jacques Salomé nous aident à nous écouter, à oser être nous-même, à nous affranchir.

Ecoutons-le:

«La porte du changement ne peut s’ouvrir que de l’intérieur.
Chacun en détient la clé.
»

Cette citation évoque une petite histoire que vous avez sans doute entendue sous différentes formes. Il y est question d’une personne – vous, moi – qui se plaint d’être enfermée. Même en tirant, en poussant sur la porte, rien ne bouge. Voilà l’enfermé(e) prêt(e) à se résigner.

Mais une petite voix lui murmure: «Oui la porte est fermée, mais de l’intérieur. Il n’y a que toi qui puisses pousser le loquet ou tourner la clé pour te libérer.»

«Retrouver la clé», c’est oser la pensée, la décision, le geste qui nous rendra libre.

J’entre en action

Pour aujourd’hui, expérimentons une pratique de pleine conscience intégrée à nos activités quotidiennes.

De manière à éprouver physiquement la sensation d’enfermement puis de libération, je vous invite, au moins une fois dans votre journée, à ouvrir une porte, ou une fenêtre, en faisant de votre mieux pour être totalement présent(e) à cet instant où vous passerez du dedans au dehors.

Faites un arrêt là où vous êtes. Observez comment vous respirez – avec aisance, avec calme, lentement, ou au contraire de manière superficielle, rapide –  ressentez la température de l’air, le souffle de l’air sur votre visage, vos mains…

Puis ouvrez la porte, ou la fenêtre, en étant pleinement conscient(e) de votre geste, de tout changement de votre respiration, de la perception de l’air autour de vous, de la température.

Sentez l’espace, plus vaste autour de vous… et peut-être en vous.

 

De la résignation au libre arbitre

De la résignation au libre arbitre

Tout un mois avec soi

Jour 9 – étape 9

De la résignation au libre arbitre

Lors de notre première semaine de ce cheminement «Tout un mois avec soi», nous avons progressivement pris conscience de de ce qui encombre nos vies, bloque nos élans, limite nos pensées et nos actes.

Nous avons notamment évoqué le découragement, l’incertitude, l’indécision. Souvent, nous ne savons pas comment agir. Nous avons peur des conséquences, de ne pas faire le bon choix, de manquer notre objectif.

Nous avons exploré comment garder espoir, reprendre de l’assurance, oser faire des choix. Mais parfois, cela semble ne pas suffire à nous remettre en mouvement. Alors nous capitulons.

Explorons ensemble aujourd’hui ces deux notions:

Résignation
Libre arbitre

Se résigner, c’est croire en une forme de fatalité, comme si tout était écrit d’avance. La résignation, c’est le contraire de la révolte. On accepte, sans manifester que l’on n’est pas d’accord, mais surtout sans rien entreprendre pour faire changer au moins un tout petit peu la situation.

Vous connaissez sans doute cette «prière de la sérénité» qui nous parle d’acceptation:

«Donnez-moi la sérénité
d’accepter les choses que je ne peux changer,
le courage de changer les choses qui peuvent l’être,
et la sagesse d’en connaître la différence.»

 

Acceptation n’est pas résignation

Si l’acceptation constitue la première étape nécessaire pour calmer nos émotions face à une situation difficile, cela ne signifie en aucun cas qu’il convient de se résigner. Nous pouvons être, au sens propre, la victime d’un événement que nous n’avons ni choisi ni provoqué, mais c’est tout autre chose de nous «poser en victime» de ce qui nous arrive.

Nulle leçon de morale à lire entre les lignes, bien évidemment. Lorsque vous êtes blessé, à terre, vous n’avez pas à montrer au monde un courage à toute épreuve. Il est le plus souvent tout à fait légitime de se sentir blessé.

Lorsque nous parlons d’acceptation, il s’agit de l’acceptation de ce qui ne peut être changé, mais aussi de l’acceptation de ce que nous ressentons. Nous l’avons vu, nos émotions, notre souffrance ont besoin d’être accueillies pour trouver un peu d’allègement. Cet accueil bienveillant de ce que nous vivons et des conséquences que cela a sur nous, c’est une empathie que l’on s’accorde à soi-même.

La résignation, en revanche, nous apportera difficilement un réconfort. Nous continuons, en nous résignant, de nous faire du mal à nous-mêmes, et cela ne fait qu’accroître le mal qui nous a été fait.

 

Se respecter soi-même plutôt que se résigner

Une attitude résignée va souvent de pair avec une mauvaise estime de soi. On considère que l’on ne mérite pas autre chose que ce qui nous arrive. Que l’on ne mérite pas mieux… ce qui montre bien que l’on se juge de peu de valeur.

On en vient alors à se dire à soi-même des phrases aussi affligeantes que celle-ci: «Je n’ai que ce que je mérite!» Et l’on n’hésite pas à ajouter, pour bien se martyriser: «Bien fait pour moi!»  Cela vous parle, n’est-ce pas?

Changeons d’attitude. Reconnaissons le mal qui nous a été fait, accueillons nos souffrances, mais ne nous résignons plus à nous considérer de si peu de valeur.

 

Faire appel à son libre arbitre

Ne pas nous laisser aller à la résignation, ou du moins faire en sorte de ne pas y demeurer ne pourra que nous aider à nous sentir mieux. Qu’il s’agisse de «petites» capitulations face à des broutilles récurrentes qui alourdissent notre quotidien ou d’une tentation de se résigner en réponse à un événement sérieux dans notre vie, c’est nous-même et personne d’autre – ou du moins pas sans nous – qui pourrons redonner du sens à nos jours.

C’est là qu’intervient notre libre arbitre. C’est lui, le maître à bord, au moment de déterminer ce que nous allons faire de ce qui nous arrive. Il représente notre liberté fondamentale à définir ce qui est essentiel pour nous, ce qui vaut la peine que l’on se relève.

Pour vous aider à ne pas vous résigner et permettre à votre libre arbitre de mieux vous estimer, je vous propose trois étapes: un arrêt sur image, une citation inspirante, une action pour ancrer la réflexion.

 

Je regarde

A verse, il pleuvait.

Le début de matinée annonçait une de ces journées que la météo nous fait parfois qualifier de «pourrie». C’est que nous avons tendance à considérer la pluie comme une sorte d’ennemie qui se met en travers de nos projets et nous rend capricieux comme des gosses.

L’averse semblait ne plus vouloir s’arrêter. Les gouttes inondaient les vitres, s’écrasaient sur le sol… et  tout à coup elles ont ruisselé en étincelant dans un rayon de soleil.

Il a suffi de tourner la tête. Derrière le rideau de pluie, le spectacle céleste avait commencé: un arc-en-ciel à la forme parfaite dessinait une arche irisée au-dessus du lac, de plus en plus distincte, de plus en colorée.

Puis l’arc-en-ciel a disparu. Le soleil s’est installé. Il ne pleuvait plus.

Le message m’a semblé clair: ne jamais se résigner.

 

J’écoute, je lis

Cette phrase poignante, c’est l’aveu d’impuissance de Philippe Labro dans un récit absolument remarquable sur sa traversée de la dépression.

Ecoutons-le:

«Je suis pris par cette panique: que puis-je faire de moi dans la minute qui vient?»

«Tomber sept fois, se relever huit», tel est le titre de son témoignage, incontournable pour mieux comprendre toute la résignation engendrée par la maladie.

Il aurait pu s’y laisser couler, sans révolte, juste dans l’incompréhension totale de ce qui s’abattait sur lui. Puis il a accepté, en premier lieu d’être malade, puis de se faire aider.

Même lorsque toute volonté semble avoir capitulé, il demeure en nous ce sursaut, l’instinct de survie.

Son libre arbitre l’a remis dans le sens de la vie.

 

J’entre en action

Pour aujourd’hui, je vous propose de réfléchir à une situation dans votre histoire de vie qui vous a fait éprouver de la résignation.

Nous avons toutes et tous vécu des moments où plus aucune issue ne semblait possible, où le découragement nous a fait nous résigner, convaincus que nous ne pourrions plus rien changer.

Retrouvez dans votre passé, récent ou plus ancien, un moment ressemblant à cela. Puis prenez conscience qu’aujourd’hui, ce que vous ressentez n’est plus ce que vous éprouviez alors.

Vous n’êtes plus exactement cette personne qui avait capitulé. Vous avez utilisé vos propres ressources pour y croire encore. Pour faire un choix. Pour réaliser que vous aviez, malgré tout, votre libre arbitre pour faire bouger, même de manière infime, les choses.

Souvenez-vous que vous avez trouvé quoi faire de vous.